Parce qu’il existe pour la majorité des gens toujours deux classes distinctes, les femmes et les hommes, et qu’il vaut mieux appartenir à la seconde qu’à la première.
Parce que les femmes sont constamment soumises à des normes de beauté oppressantes, réductrices et stéréotypées : être féminine, hétérosexuelle, jeune, mince, épilée...
Parce qu’il existe mille façons de remettre chacune à sa place : violence contre les intersexes dès leur naissance, viol de représailles contre les lesbiennes, psychiatrisation des trans, violences masculines les plus régulières, de la main au cul jusqu’à l’assassinat - en France, tous les deux jours et demi, une femme est assassinée par l’homme avec qui elle vit.
Parce que le droit des femmes à disposer de leur corps est sans cesse remis en question, la contraception pas toujours remboursée, l’IVG pas aussi accessible qu’on le pense. Qu’on nous laisse choisir si on veut avoir des gosses ou pas, avec qui on veut, les allaiter ou pas et qu’on arrête de nous culpabiliser avec l’image de la « bonne mère » !
Parce que la logique du racisme s’attaque directement aux droits des femmes. En tant que femmes étrangères nous dépendons trop souvent du conjoint pour obtenir des papiers. La loi sur le port de signe religieux à l’école exclut et stigmatise d’abord les filles musulmanes.
Parce qu’en tant que prostituées, nous sommes méprisées, harcelées et criminalisées par la loi pour la sécurité intérieure (LSI) de 2003. Parce que le délit de racolage actif et passif accroît notre précarité et notre clandestinité et que nous ne pouvons pas exercer notre activité dans des conditions décentes et qui nous protègent.
Parce que nous sommes précaires et trop souvent à temps partiel sans l’avoir choisi, que nous sommes toujours moins payées que les hommes à travail égal et à qualifications égales, que nous sommes sous-représentées dans les postes valorisants, et que nous effectuons l’immense majorité du travail gratuit appelé « travail domestique » (3h30 par jour contre 2h pour les hommes), sauf quand les migrantes et autres femmes racisées prennent en charge celui des femmes blanches en occupant les emplois de ménage ou d’aide à domicile.
Parce que la lutte féministe n’est pas plus importante, mais pas moins non plus que d’autres luttes. Et s’il est souhaitable que, en tant que féministes, nous les rejoignons, nous invitons parallèlement les militantEs antiracistes et anticapitalistes à nous soutenir, sans paternalisme ni condescendance. Les TumulTueuses appellent les hétéras, les lesbiennes, les trans, les bi, et toutes les autres à venir les rejoindre dans leur lutte.

