Chansons féministes
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Speech Debelle
Ce morceau est sorti juste après les émeutes de Londres en août 2011. Des émeutes qui avaient éclaté à la suite de la mort de Mark Duggan abattu par la police. Celle-ci fut plus que confuse après les faits et ne sut pas donner d’informations à la famille du jeune homme, père de trois enfants, plusieurs jours encore après sa mort. Speech Debelle rédigea un texte, en même temps que le morceau fut mis sur Soundcloud en téléchargement libre, pour expliquer ce qui l’avait motivée à le sortir avant que l’album ne soit terminé.

I Kissed a Girl, Jill Sobule
Plus de 10 ans avant et bien mieux que le tube glossy de Kathy Perry - parce qu’elle ne craint pas "que son petit copain lui en veuille" - la compositrice et chanteuse étasunienne, Jill Sobule raconte une première fois entre filles avec ironie et complicité (elles échangent des commentaires sur leurs mecs respectifs et en rigolent, ironisent sur le soulagement de l’un deux de les savoir ensemble "entre copines"). Même si ça ne change pas le monde, elles laissent aux autres leurs "diamants" pour le plaisir de savourer leurs "perles". Dans ce morceau comme dans Underdog Victorious, Underachiever, Under the Disco Ball, elle raconte surtout des histoires particulières d’expériences homosexuelles dans des contextes hétéronormés et/ou homophobes, avec l’intention de répondre à sa manière aux clichés médiatiques autour du "lesbian chic".

I Wanna Know What Love Is, Julie Ruin.
Julie Ruin (a.k.a Kathleen Hanna de Bikini Kill et plus tard du Tigre), sort ce morceau en 1997 dans son album éponyme. Elle y parle du viol et de la violence masculine comme d’un système : la violence et les meurtres conjugaux, le viol, l’indifférence de la police et ses "conseils" qui font de la victime une coupable, qui arrête des prostituées pour ensuite les violer, le racisme qui voudrait faire croire que seuls les hommes noirs sont des prédateurs sexistes... oppriment et réduisent les femmes au silence, à la peur. Elle se sert de sa plume comme d’une arme pour dire qui sont les vrais coupables. Et le morceau se termine par un clin d’oeil aux Clash et leur fameux Guns of Brixton, "when they knock at your front door, how will you go, with your hands on your head or on the trigger of your gun ?". Hommage d’une Riot Grrrl aux punks sous une forme bienvenue et toujours d’actualité.

par Les Tumultueuses
Lesley Gore, You don’t Own Me
Ce morceau, repris plus tard par Dustin Springfield et Joan Jett notamment, fut un succès populaire aux Etats Unis dans les années 60. En 2005, la chanteuse révéla publiquement son homosexualité et expliqua son silence entretenu pendant longtemps sur la question en disant : "A l’époque l’homosexualité était peu acceptée. Je crois que l’industrie du disque, en général, a toujours été un milieu d’hommes. Elle a toujours été organisée de manière très patriarcale, et si elle n’a pas forcément toujours exclu les femmes, elle les a toujours clairement maintenues dans une position inférieure." Avec ou sans une tonne de laque dans les cheveux, ça se chante encore bien à tue-tête.

Rappeuses improbables
Depuis 2002, ces deux rappeuses londoniennes improbables - pour reprendre le qualificatif qu’elles s’attribuent ici - Sakina Abdul Noor et Muneera Rashida font rimer "rap" et "hijab". Dans ce morceau, elles parlent de ce qu’elles cherchent en tant que rappeuses musulmanes dans le monde du hip hop / rap : vaincre l’hostilité et la médisance à leur égard, parler pour elles-mêmes, trouver leur chemin et leur propre style, vivre de leur musique à des années lumières du bling bling et du gangsta rap. Leurs chansons au contenu social, politique et personnel assumé leur ont permis de se faire une place sur une scène dont c’est l’accès qui semble plus avoir été de l’ordre de l’improbable pour elles, que ne l’est leur légitimité à y figurer aujourd’hui en tant qu’artistes à part entière.

